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Apple et Google s'unissent contre les nouvelles règles IA de l’Union européenne

Par Laurence - Publié le

C’est une nouvelle alliance qui vient de se former dans la guerre entre Bruxelles et les géants de la tech. Apple soutient officiellement Google face aux nouvelles mesures envisagées par l’Union européenne pour ouvrir davantage Android aux services d’intelligence artificielle concurrents.

Apple Google DMA


L’Europe veut ouvrir Android aux IA tierces



Dans un document transmis à la Commission européenne, Apple critique durement les propositions du régulateur et estime qu’elles pourraient mettre en danger la confidentialité, la sécurité, et l’intégrité des appareils.

Le dossier s’inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), la réglementation européenne destinée à limiter le pouvoir des grandes plateformes numériques. Le mois dernier, la Commission européenne a proposé plusieurs mesures visant à obliger Google à donner davantage d’accès aux IA concurrentes sur Android.

Dans ces conditions, des services tiers pourraient interagir avec des applications Android, envoyer des emails, commander de la nourriture, partager des photos, ou effectuer d’autres tâches directement dans le système. Selon Teresa Ribera, commissaire européenne à la concurrence, ces changements permettraient : de donner plus de choix aux utilisateurs Android concernant les services IA qu’ils souhaitent utiliser sur leur téléphone.

Apple et Google s'unissent contre les nouvelles règles IA de l’Union européenne


Google dénonce déjà une menace pour la sécurité



Google avait immédiatement critiqué ces propositions, les qualifiant d’intervention injustifiée. La firme estimait déjà que ces nouvelles obligations risquaient d’affaiblir les protections de sécurité, la confidentialité, et certaines sécurités critiques d’Android.

Mais désormais, Cupertino reprend pratiquement le même discours, évoquant des risques urgents et sérieux. Dans sa réponse officielle transmise à Bruxelles, Apple affirme que les mesures proposées soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses.

Apple et Google s'unissent contre les nouvelles règles IA de l’Union européenne


La firme ajoute que si elles étaient appliquées, elles créeraient des risques profonds pour la confidentialité, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l’intégrité et les performances des appareils. La firme californienne insiste particulièrement sur le contexte actuel autour de l’intelligence artificielle.

Selon Cupertino, les risques sont encore plus importants avec des IA en évolution rapide, des comportements parfois imprévisibles, et des vecteurs d’attaque qui changent constamment.

Apple critique directement la Commission européenne



Le ton utilisé par Apple devient également beaucoup plus offensif envers Bruxelles. La firme accuse indirectement la Commission européenne de vouloir redessiner Android sans réellement maîtriser toute sa complexité technique — un peu comme ce qui s'était passé pour le sideloading.

Selon Apple, les régulateurs européens remplaceraient des années de travail des ingénieurs Google, par des décisions élaborées en moins de trois mois. Autrement dit, elle estime que Bruxelles sous-estime largement la complexité des systèmes mobiles modernes, et les risques liés à l’ouverture des IA au cœur des smartphones.

Apple et Google s'unissent contre les nouvelles règles IA de l’Union européenne


Une bataille qui dépasse largement Google



Même si le dossier concerne officiellement Android, Apple suit évidemment ce sujet de très près. L’entreprise est elle-même confrontée à des obligations similaires en Europe : ouverture d’iOS, sideloading, boutiques alternatives, interopérabilité renforcée, ou accès plus large à certaines fonctions système.

Et avec l’arrivée des agents IA capables d’agir à la place des utilisateurs, accéder aux applications, et automatiser certaines tâches, la question du contrôle du système devient encore plus sensible.

Qu'en penser ?



L’IA devient le nouveau front du DMA ! Derrière cette affaire se cache surtout une nouvelle bataille réglementaire autour de l’intelligence artificielle. Après les App Stores, les navigateurs ou les paiements mobiles, Bruxelles commence désormais à s’attaquer aux assistants IA, aux agents intelligents, et à leur accès aux systèmes mobiles.

La Commission européenne doit maintenant analyser les différents retours reçus avant de rendre sa décision finale d’ici juillet 2026. Mais, Apple et Google, habituellement opposés, semblent désormais partager la même inquiétude face à l’ouverture grandissante imposée par l’Europe autour de l’IA et des systèmes mobiles.